Méjean

lundi 21 novembre

Autres horizons...

Chemin faisant (déposé INPI)Ce blog a déménagé. Il suit son petit bonhomme de chemin dans un espace plus libre.

Il ne faut pas s'attendre à un graphisme plus élaboré dans l'immédiat, mais ça viendra.

C'est que là-bas, il faut tout faire soit-même, mettre la main à la pâte ; la liberté se construit, elle ne vous tombe pas dessus comme un beau costume tout neuf et bien ajusté.

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dimanche 06 novembre

Le secret du couteau

Dans ma huitième année, un ami de mes parents, pied-noir et bourlingueur, est venu passer Noël à la maison, amenant avec lui deux présents qui allaient marquer ma vie: Astérix en Corse, et un couteau. Avec ce cadeau, donné d'homme à homme, j'ai taillé, creusé, fendu, sculpté, coupé, épointé, vissé et dévissé un nombre incalculable de choses. Puis je l'ai perdu. C'est souvent le destin d'un couteau dans les années de la jeunesse. Ainsi, parmi la ribambelle d'autres qui lui ont succédé, deux étaient des couteaux trouvés. Dont un que j'ai reperdu.

Durant l'été 95, à la fin d'une randonnée et à la terrasse du café d'une petite bourgade de Haute-Loire, une amie m'a offert un laguiole en bois de rose avec cinq petits clous de laiton sur le manche, l'un au centre et quatre plus fins disposés autour comme sur une rose des vents. Ce couteau ne m'a pas quitté depuis dix ans et a tranché, avec son fil soigneusement tenu, un nombre incalculable de chanteaux de pain et de rondelles de saucisson.

Un couteau dans la poche

" Pas un couteau de cuisine, évidemment, ni un couteau de voyou à cran d'arrêt. Mais pas non plus un canif. Disons, un opinel n° 6, ou un laguiole. Un couteau qui aurait pu être celui d'un hypothétique et parfait grand-père. Un couteau qu'il aurait glissé dans un pantalon de velours chocolat à larges côtes. Un couteau qu'il aurait tiré de sa poche à l'heure du déjeuner, piquant les tranches de saucisson avec la pointe, pelant sa pomme lentement, le poing replié à même la lame. Un couteau qu'il aurait refermé d'un geste ample et cérémonieux, après le café bu dans un verre — et cela aurait signifié pour chacun qu'il fallait reprendre le travail.

Un couteau que l'on aurait trouvé merveilleux si l'on était enfant : un couteau pour l'arc et les flèches, pour façonner l'épée de bois, la garde sculptée dans l'écorce — le couteau que vos parents trouvaient trop dangereux quand vous étiez enfant.

Mais un couteau pour quoi ? Car l'on n’est plus au temps de ce grand-père, et l'on n'est plus enfant. Un couteau virtuel, alors, et cet alibi dérisoire :
— Mais si, ça peut servir à plein de choses, en promenade, en pique-nique, même pour bricoler quand on n'a pas d'outil...

Ça ne servira pas, on le sent bien. Le plaisir n'est pas là. Plaisir absolu d'égoïsme : une belle chose inutile de bois chaud ou bien de nacre lisse, avec le signe cabalistique sur la lame qui fait les vrais initiés : une main couronnée, un parapluie, un rossignol, l'abeille sur le manche. Ah oui, le snobisme est savoureux quand il s'attache à ce symbole de vie simple. À l'époque du fax, c'est le luxe rustique. Un objet tout à fait à soi, qui gonfle inutilement la poche, et que l'on sort de temps en temps, jamais pour s'en servir, mais pour le toucher, le regarder, pour la satisfaction benoîte de l'ouvrir et de le refermer. Dans ce présent gratuit le passé dort. Quelques secondes on se sent à la fois le grand-père bucolique à moustache blanche et l'enfant près de l'eau dans l'odeur du sureau. Le temps d'ouvrir et refermer la lame, on n'est plus entre deux âges, mais à la fois deux âges — c'est ça, le secret du couteau."

Philippe Delerm - La première gorgée de bière (et autres plaisirs minuscules).

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samedi 05 novembre

L'autre paradis

Le paradis sur terre. Mon petit coin de paradis. Des expressions très évocatrices, d'inspiration biblique. Des lieux communs aussi, que je n'ai pas voulu employer pour résumer platement mon petit domaine si singulier. Pourtant, c'est bien d'un paradis qu'il s'agit, mais d'un autre genre, qui ne doit rien au créateur mais tout à l'homme qui sait trouver seul sur terre un lieu pour son plaisir.

Alors, régulièrement, je monte au paradis.

" De lointaine origine persane (1), venu par les Grecs (2) et les Romains (3), le "paradis", notion-clé de l'esthétique et de l'art de vivre en Auvergne, désigne un terrain soigneusement enclos (de murs en général) comportant une vigne, souvent complantée d'arbres fruitiers et une "tonne" (une tonnelle) fréquemment précédée d'arceaux portant une treille, de muscat de préférence. La "tonne" peut n'être qu'une cabane à outils, mais beaucoup de propriétaires avaient construit une véritable "petite maison des champs" où le viticulteur aimait à se reposer et où la famille venait passer les beaux dimanches. Les paradis étaient en général les plus nombreux et les plus soignés autour des villes, ils y témoignaient de la force de l'atavisme terrien chez les citadins, même les bourgeois aisés."

D'après le Cercle Terre d'Auvergne (langue et civilisation auvergnates)

(1) de l'ancien Persan paradaiza (enclos, édifice) ou apri-daeza (verger entouré de murs).
(2) en grec : paradeios (enclos pour bêtes sauvages du roi ou du prince).
(3) paradisus en latin.

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vendredi 04 novembre

Le port de l'île du milieu

C'est sur la bordure occidentale du causse, pas très loin des Vignes. Un de ces endroits où le plateau se redresse un peu avant de se casser brutalement dans la blancheur des falaises. Quelques centaines de mètres plus bas, le Tarn allonge son fil miroitant dans le vert sombre des dernières pentes.

A 872 mètres d'altitude exactement, 450 mètres au dessus du bruissement de l'eau vive, dans un motif de la complexe dentelle de pierre, se détache une petite plateforme. D'en bas comme d'en haut, bien malin qui saurait la trouver du regard. Les jeux d'ombre et de lumière modifient sans cesse le dessin de ce rebord blanc qu'un fin liseré de végétation sépare de l'azur.

J'ai trouvé ce nid d'aigle au cours d'une de mes randonnées solitaires de quelques jours sur le Méjean. L'heure de chercher un endroit pour le bivouac était venue, et je me mis en quête, avec grande attention compte tenu de l'importance que j'attache aux lieux pour ces moments précieux.

Ce jour là, mon humeur me poussait vers quelque chose d'aérien plutôt qu'intime, d'insolite plutôt que simplement agréable, fut-ce au prix de quelques efforts que j'imaginais déjà fort bien récompensés. C'est l'avantage de la randonnée que de pouvoir choisir sa chambre chaque soir. Sur la carte, la falaise était à un quart d'heure de marche.

Sondant du regard le paysage qui allait m'héberger, je traçais de l'esprit mon chemin, traversant la double clôture d'un parc à moutons, contournant quelques bosquets et longeant de ces beaux murets de pierre sèche édifiés par les anciens qui, patiemment, arrachaient les blocs à la terre ingrate du causse pour dégager quelques lambeaux de terre cultivable.

Ce chemin imaginaire n'allait pas au hasard. Il menait vers un petit coin de bois au point le plus élevé de ce dernier soulèvement du plateau avant le vide, comme la figure de proue de ce vaste navire qui m'emmenait depuis plusieurs jours. Sans en distinguer aucun détail, j'y pressentais un lieu dont la singularité me conviendrait pour la fin de ce jour.

Au bout d'un parcours malaisé et de nombreux détours entre les taillis d'épineux, il faut écarter quelques branches masquant une courte descente de quelques mètres. Là, vous êtes sur le perron de mon endroit préféré du monde, à l'écart de tout sentier, et à l'écart du plateau lui-même, comme le serait la tour d'angle d'un château fortifié. Ainsi placé, je doute que le site ait reçu la visite d'un nombre significatif de bipèdes. Un ou deux chasseurs obstinés, peut être...

Une fois refermé le portillon de feuillages dissimulé dans un mur de pins et d'amélanchiers aux baies sucrées, et descendues les quelques marches qui y conduisent, se dévoile une minuscule clairière ouverte vers le couchant. Ou plutôt une petite terrasse, séparée du vide par un long bloc de calcaire formant rambarde.

A main droite, entre le rocher et les buissons, une ouverture bien régulière donne sans transition sur un vide vertigineux, comme une porte sur une oubliette. A l'opposé, trois pins sylvestres aux troncs rouges déformés par le vent émergent d'un taillis de buis pour finir de clore un espace aux contours irréguliers et au sol inégal.

Ainsi délimité, ce séjour doit faire à peine quatre mètres sur trois. La tente deux places que j'avais ce jour là pour m'abriter d'un ciel menaçant n'a du qu'à l'extrême souplesse de ses arceaux de pouvoir rentrer entre taillis et rochers. J'ai depuis fait venir d'Amérique une tente une place d'un modèle un peu spécial, parfaitement adapté à la géographie intime du lieu.

Le bloc séparant cette pièce du vide avance vers le milieu de celle-ci une excroissance de rocher formant coin cuisine. On peut y nicher des ustensiles dans de petites excavations les maintenant bien rangés, y abriter le réchaud du vent ou de la pluie sous une avancée naturelle bien orientée, et même y tenir dans une relative fraîcheur une grosse gourde que l'on pose dans un trou où, dans l'ombre perpétuelle, s'est développée une épaisse couche de mousse toujours un peu humide.

Par contre, attention. Pas d'enfants turbulents ici. Cet espace harmonieux dans sa disposition autant que dans ses proportions a en effet pour plancher, comme en maints endroits du causse, une fine couche d'humus de trois ou quatre centimètres, très souple sous le pied, reposant sur la dalle calcaire. Une danseuse s'y exerçant aux pointes labourerait ce délicat tapis aussi sûrement qu'un John Deere la terre grasse et profonde de la Beauce. Donc pas de danseuse non plus.

Mais poursuivons la visite de mon domaine par un petit tour aux dépendances.

A une trentaine de pas, en longeant la falaise par un petit sentier cahoteux, on trouve un ensemble minéral très caractéristique des causses. L'eau, en érodant le fragile calcaire, y a creusé jusqu'à hauteur d'épaule un sillon d'un mètre de large sur six de long, formant un véritable couloir en cul de sac. Expression bien à propos puisqu'il s'agit ni plus ni moins de l'endroit qui convenait le mieux pour y poser son cul et y vider son sac.

Trivial. Mais attendez, ce n'est pas sans importance. Avez-vous remarqué combien les gens, même habitués à courir la campagne, sont embarrassés, voire traumatisés à l'idée de devoir chier dans les bois (et n'évoquons même pas le petit buisson au milieu d'un pré) ? Question de position, et surtout de crainte venue du fond des âges lorsque ce moment de faiblesse pouvait coûter la vie face au prédateur surgissant. Aujourd'hui, seule la fierté serait mise à mal, mais l'inquiétude demeure.

Chez moi, rien de tout cela. Une forte branche posée sur deux saillies du rocher, à l'endroit où il forme un renfoncement commode, vous permet de garder dignité, confort et sérénité. Par dessus le paravent de calcaire, vous pouvez à votre aise jouir du merveilleux paysage de la vallée ou lire quelques pages en fumant une cigarette.

De retour vers mon lieu d'agrément suspendu au dessus du vide (car ma petite pièce au fond à gauche est située sur le plateau lui-même), vous croisez une belle et large dalle lisse et dénudée. Emmagasinant tout le jour l'énergie du soleil, elle la restitue au crépuscule et procure une douce chaleur au corps s'y prélassant dans la contemplation des tous derniers jeux de la lumière entre les grands piliers blancs soutenant le causse.

Et puis il y a autre chose encore. Lorsque vous découvrez un endroit que vous êtes venus pour voir, par exemple une maison à vendre, il arrive que vous ayez le coup de cœur pour un détail que vous n'attendiez pas et qui donne d'un coup un intérêt majeur à l'objet de votre visite. De simples poutres, une grande cheminée, une vue superbe ou une piscine pourront vous mettre instantanément en accord avec le lieu au point de reléguer au second plan d'autres aspects plus gênants.

Moi, j'ai une petite plage privée. Une serviette éponge, le grand modèle avec l'ancre ou le dauphin peu, sans paraître incongrue, y prendre place sur une petite épaisseur de vrai sable fin. Cachée par le rocher qui en délimite les contours, elle donne directement sur l'océan du vide où flottent les vautours portés par les courants aériens. Les gestes doivent y être mesurés car le risque est grand. Mais ce petit frisson que procure l'évidence de la vie fragile ajoute à la valeur de ce qui abreuve ici les yeux et le cœur.

Pas de fenêtres tendues de voils filtrant le jour, pas de petit cadre au mur figeant entre quatre morceaux de bois le paysage qu'on ne voit plus, pas de murs non plus. La nature s'offre sans limites, sans retenue. Le regard file sur un souffle de vent jusqu'au dernier détour de la vallée. Le Tarn emporte le moment et on se sent plus riche.

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jeudi 03 novembre

Le coin préféré du monde

A force de parcourir le Massif central à pied, à VTT, en raquettes ou à moto, on déniche une foule de petits coins où l'esprit et les sens se plaisent. De ces endroits qui vous font songer que vous resteriez bien là quelques jours si vous pouviez.

Parmi ces lieux, il s'opère naturellement une sélection. Et en randonnée, le filtre, c'est le bivouac. Le plaisir d'installer le campement, de laisser se diluer son être dans la nuit qui s'installe, et surtout le contentement d'un réveil agrémenté de la beauté du monde environnant, aussi simple soit-il, sont des indicateurs implacables pour jauger les lieux.

Alors, la liste de ces sites s'allongeant, il vient un jour où on se pose une question toute bête : et si je devais choisir... Et si je devais désigner mon île déserte, le lieu isolé où j'irais le plus volontiers, mettons le temps d'une semaine, par envie de retraite volontaire ou forcé comme par un naufrage… un endroit où je pourrais vivre sans subir, avec le minimum, comme un moine béat ou un robinson heureux.

Personne ne me le demandera jamais, mais je trouve important d'avoir cette réponse. Certains lieux ne valent que par le contexte où on s'y trouve, dans lequel le confort ou les amitiés prennent souvent une place insoupçonnée. Au contraire, le dénuement révèle les affinités et les liens purs que l'on peut avoir avec certains endroits. Cet attachement non biaisé témoigne aussi de notre identité profonde.

La question est futile. Il y a tellement d'endroits agréables, pourquoi devrais-je en choisir un ? Posons-la différemment : où mes proches devront-ils disperser mes cendres si ma vie s'arrête, peut-être demain ? Ne prend t'elle pas soudain un sens différent, important ? La mort ne m'inquiète pas, mais ce petit détour grave ne rend t'il pas sérieuse la connaissance d'un coin "préféré du monde" ?

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dimanche 02 octobre

Et fffloup !

Aussi immuable que le vieux chêne… Du brouillard qui un temps a recouvert le monde émerge à nouveau le bel arbre. Ses feuilles prématurément jaunies par le souffle glacé tombent une à une. Volent les griefs, tourbillonnent les regrets, et se posent et se dissolvent lentement dans le terreau nourricier où plongent les longues racines. L’arbre sera bientôt nu. Alors, puisant dans les strates anciennes de ses automnes, s’alimentant de sa propre histoire, il trouvera la vigueur et la beauté de ses printemps à venir. Au creux de sa ramure, sur les deux branches maîtresses, les enfants nicheront une cabane. De planches et de paille, de chanvre et de raphia, elle aura, cloué sur le linteau de bois, un petit morceau d’amitié en porte bonheur.
Pour I. et H.

fffloup1

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dimanche 19 juin

Méjean

mejeanweb D’où vient qu’aucun autre endroit n’a su mieux m’émouvoir que ce petit bout de désert perché dans le ciel de Lozère ? La France n’est pas avare de régions plaisantes, et le Massif central, en particulier, étale des trésors à chaque détour de ses petites routes de moyenne montagne.

Pourtant, c’est ce pays des grands causses qui a capté ma sensibilité. Et des terres arides portées par le Sauveterre, le Noir, le Larzac et le Méjean, c’est bien celles de ce dernier qui ont piégé mon affection. Mais pourquoi ? Le paysage ? Une steppe… Les hommes ? Si peu nombreux… Les occupations ? Bien moins qu’ailleurs… Ou alors, mon histoire avec le Méjean ?

J’ai bien quelques idées, des évidences faites de souvenirs, d’émotions, de bons moments partagés, de levés de soleil et de rencontres sur le causse… Tout cela explique t-il seul mon attachement pour ce théâtre où je n’ai de cesse de retourner pour voir encore le décor unique, pour entendre une fois de plus le chuchotement de mes voix intérieures, pour vibrer à l’unisson des éléments jouant la pièce constamment renouvelée qui me ravit ?

Il y a des raisons profondes que je devine, qui plongent leurs racines dans mon histoire à moi, plus que dans mon histoire avec lui. Un vécu qui m’a donné le goût des lieux vides, de l’isolement, des existences simples, du regard qui porte loin, de la rocaille, de la vie qui s’accroche et des explorations enfantines.

Le Méjean est une île magnifique. Mon île. Lorsque je pose le pied dessus, ma conscience respire, mon âme s’apaise, la vie prend du sens.

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jeudi 09 juin

160 - 170 jusqu'aux gendarmes, et après, 80 - 90 jusqu'à la maison.
In BC-95

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mercredi 08 juin

La bricole dans les coins

hellowebSalut. Vous me reconnaissez ?

Pardi ! Cette bricole qui ne paye pas de mine est l’invention graphique du siècle ! C’est une peccadille de rarement plus d’un centimètre de haut, mais c’est surtout un concept à elle toute seule.
Cette merdouille de rien du tout qui traînait dans les coins des cases de certaines BD de Marcel m’a fait mourir de rire pendant des années. Et au moment de scanner la bestiole pour un petit hommage à ce fabuleux scénariste et dessinateur, ça recommence !

gotliebweb

Tour à tour émouvante et insupportable, de passage ou incrustée dans l’histoire, mais toujours la ramenant à tous propos, cette petite saloperie vivait sa vie ou prenait part au récit. Transformiste et multimorphe, elle créait un second plan presque aussi important que le sujet principal (sachant que les troisième, voire quatrième plans n’étaient pas rares dans les planches de la Rubrique-à-brac). Un genre de bonus ou de goodies avant l’heure.

escargotwebLa Rubrique-à-brac. Toute ma jeunesse… Des contes détournés, des paraboles, des leçons de dérisoire morale, des études anatomiques et sociologiques, des cours d’histoire, des bizarreries en tous genres, bref, un joyeux fourre-tout dont l’esprit très particulier à fortement imprégné le mien. Il y a des styles d’humour forts différents, mais ceux que j’apprécie particulièrement, et dont sont dotés beaucoup de mes amis, ont quelque chose à voir avec le détournement permanent du sens et la dérision poussée très loin qu’employait Gotlib dans cette BD.

Un trait pur, net, soigné et extrêmement évocateur, aucun doute, c’est du beau dessin, à la fois simple et efficace. Et ne parlons pas des scénarios et des textes, mélange explosif d’absurde et de réalité du coin de la rue. Un bonheur.

Allez, cadeau pour fêter le retour des beaux jours : l’arrivée du printemps dans les alpages !

printempsweb

Marcel Gotlib a son site, très léché et bourré d’animations. C’est une évolution des choses. On y trouve l’ensemble de sa production, mais la Rubrique-à-brac reste le dessus du panier (quoique… les Rhââ Lovely et Rhâ Gnagna valent largement le détour. L’histoire assez décousue de la Fiancée de Frankenstein en est un gland moment).

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lundi 06 juin

Le cerveau de la grenouille est comme le nôtre, c’est pour ça que les scientifiques s’intéressent beaucoup au cerveau de la grenouille, quand on aura compris le cerveau de la grenouille, on aura compris pourquoi le cerveau de l’homme aime bien faire chier les grenouilles.
In BC-95

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